Tout de mon cru.

13.2.08

Réveil

Première seconde, premier traumatisme. Le réveil sonne, hurle et me rappelle à mes obligations. Aucun petit corps de femme à mon côté, aucun refuge où me consoler et me plaindre doucement de ma condition d'homme. Un premier retentissement très bref survient, suivi d'un silence éphémère qui joue avec mes nerfs une éternité durant. Ai-je bien entendu? Affirmatif... Les hauts parleurs miniaturisés, merveilles de technologie moderne, battent déja son plein, ne laissant aucune place au doute: La nuit est bel et bien terminée, le rêve interrompu, abolie la liberté suprême de vivre son imaginaire. Le contraste est terrifiant. Mon univers se limite maintenant à l'injuste rapport de force entre la stridente ponctualité de l'appareil et l'envie compulsive de me lover en une rafale de spasmes intenses concentrés de sommeil. L'épouvantable bip... bip bip bip bip... et la douceur moelleuse de la parure du lit s'imposent instantanément comme seuls stimuli sensoriels perceptibles. La guerre est perdue d'avance. L'agression sonore met vite au pas tout le reste, inexorable despote. Le passage en position verticale est condition sine qua non à la cessation de cette torture matinale. La journée commence par une défaite. Je me plie, non sans rechigner, à la volonté de mon vainqueur, regrettant et espérant le répit dérisoire d'un dimanche passé ou futur, illusoire congé logistique qui nous moque en secret.