Tout de mon cru.

20.9.08

La femme-Rolex

J'ai rencontré mon Italienne dans un dîner entre amis
Je me suis dis: "Ce s'ra la mienne!" dans à peine une heure et d'mi
Mais elle était dure en affaire, pas facile de la niquer
Millions, maisons, vue sur la mer, "demain je t'emmène chez Mickey!"

Une fois posés sur papier le terme des négociations
Elle s'acquitte devant huissier, pour éviter réclamation,
De l'acompte sus-mentionné, il faut dire que c'est allé vite
Pour elle, simple formalité, car elle en a sucé des bites !

Tu es une femme-Rolex, je fais bling-bling avec toi
Mon argent contre ton sexe, et je t'accroche à mon bras

Nous vivons l'amour véritable, c'est écrit dans les journaux
Vous en discutez tous à table, du fourrage pour les prolos
Chaque semaine en voyage, dans des pays merveilleux
Oh c'est le grand déballage, nous vous en mettons plein les yeux

Nous visitons la voisine, une reine très haut-placée
Et régalons les convives d'un strip-tease organisé
Il faut les voir les rosbifs, quand elle recharge leurs accus
Quand leur libido se rebiffe, quand ils n'ont d'yeux que pour son cul

Tu es une femme-Rolex, je fais bling-bling avec toi
Mon argent contre ton sexe, et je t'accroche à mon bras

Au travail, une de mes collègues spécialisée dans la justice
Me dit "Tu ne parles que d'elle, jusqu'à nous conseiller son disque !"
Je réponds donc à la jalouse "Va plutôt me faire un café
Et laisse donc tomber les partouzes, car tu vas t'y faire engrosser"

Seul susciter l'envie de l'autre me procure des érections
Ce qu'en disent les bons apôtres, que c'est une perversion
A dire vrai, et bien, je m'en moque parce que c'est moi qui fait la loi 
Je veux du luxe, non pas du toc, que ça brille, avoir l'air d'un roi

Tu es une femme-Rolex, je fais bling-bling avec toi
Mon argent contre ton sexe, et je t'accroche à mon bras

Hélas, de ma femme modèle, les charmes se tariront
Une rustine, un bridge, une atèle, payer toutes les réparations
Mieux vaut l'envoyer à la casse, elle passe plus le contrôle technique
Ils lui ont refait toute la face, on dirait l'inspecteur Derrick

Un concours télévisé, pour dénicher la remplaçante
SMS vous allez payer, pour choisir la belle ignorante
Première-dame-academy, c'est le nouveau divertissement
Un' pouffiasse de plus dans mon lit, et retour sur investissement

Tu es une femme-Rolex, je fais bling-bling avec toi
Mon argent contre ton sexe, et je t'accroche à mon bras

1.4.08

Bienvenu chez les Ch'tis II

Finale de la coupe de la ligue de football, on voit dans le virage une imposante banderole insultant les nordistes au nom du public parisien:

«Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis»

[ http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080331_080206Dev.html ]

Aux vues de l'invective, tout le monde prend la défence des Ch'ti-mis dont une image sympathique a été implantée aucours des mois précédents dans notre imaginaire collectif.

Le match étant une finale (perdue injustement par les Lensois...), les sanctions sportives infligées au PSG

[ http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080331_173408Dev.html ]
[ http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080331_131146Dev.html ]

ne constitueront pas une compensation suffisante pour les personnes insultées. Ça ne leur rendra pas leur coupe aux Sang & Or ! Le RCL déscendra probablement en Ligue 2 pour enfoncer encore un peu le clou de la victimisation.

Nous entendront alors une ribambelle de personalités (Papin, Aubry, Martel, Boon, Line Renaud, Ribery...) représentants (auto-proclamés ou proclamés par le système) des gens du nord, paraphrasant Zola et réclamant justice pour leur plat pays bien aimé.

L'affaire sera alors naturellement portée devant les tribunaux. C'est aujourd'hui l'usage.

[ http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080331_111737Dev.html ]

Qui représentera devant la cour l'intéret des Ch'tis insultés ? Dans une République qui ne reconnait que l'individu et l'intérêt général, le problème se posera.

Cette interrogation pourra inciter le peuple de France à entrevoir dans les réformes constitutionnelles à venir (traitant d'une communautarisation du débat politique) une solution, voire même un progrès.

La recette (analogue à celle du post précédent) pour manipuler l'opinion et pour lui imposer une loi est simple:
-créer un terrain (Film),
-créer le problème (Choc émotionnel, insulte...),
-manipuler les réactions pour dégager une problématique (Stars du petit écran et autres petit-chefs de meutes),
-proposer sa solution (qui aura alors l'allure de l'ad hoc et de l'expression de la volonté populaire),
-et se féliciter (encore une fois) du bon fonctionnement de notre démocratie.


Il s'agit d'un cas d'école, l'esprit averti ne sera pas dupe de la manipulation. Comment le faire taire ?


On remarquera que les acteurs principaux du film sont un 'juif' et un 'arabe'. En soi, rien de problématique. Les gars sont attachants et transpirent la sincérité. (C'est ce qu'on m'a dit. Je n'ai pas vu cette production et ne la verrai pas. Je ne souhaite pas déformer l'image que j'ai de ma terre natale et de ses habitants.)
N'empêche qu'il sera facile d'extrapoler des propos dénonciateurs pour les qualifier d'antisémites, d'anti-arabes, de racistes, de théories du complot, de délires paranoïaques anti-'sages de Sion' ou tout autre reductions ad hitlerum.


Personne d'autre qu'un suicidé médiatique, averé ou en devenir, ne s'aventurera sur ce terrain glissant dans les media de masse... donc ça passera.


Parallèlement, il est possible que l'épisode soit récupéré à d'autres fins. On peut penser à une promotion des euro-régions ou à une augmentation des contrôles visant à la réduction de la liberté d'expression au nom de l'anti-racisme. Et au passage, on alimentera, à l'aide du deux poids deux mesures, (cf. caricatures de Mahomet) la théorie du 'choc des civilisations' et ses corollaires, à savoir la guerre et la montée des fondamentalismes réactionnaires et du terrorisme.

Pour conclure, une citation attribuée à Franklin D. Roosevelt: "En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi."



24.3.08

Fumeur passif

Nous sommes en train de prendre en pleine gueule la "nouvelle manière de faire de la politique" que l'on nous a vendue comme un progrès lors de la dernière campagne présidentielle.
En quoi consiste-t-elle ?

Recette:

  • Prenez un thème de société d'importance secondaire.
  • Dégagez une problématique instituant deux positions contradictoires et moralement acceptables.
  • Faites passer le tout à la machine à parler pendant deux voire trois bons mois. (monopolisez l'antenne de toutes les émissions de société et de débats. Delarue, Ruquier, Fogiel, FOG, etc.)
  • Publiez les résultats des enquêtes qui vous arrangent. (i.e. qui dégage une faible majorité pour votre camp favori.)
  • Servez au peuple une loi sur mesure en lui affirmant qu'il l'a désirée. (De préférence, copiée d'un pays anglo-saxon...)
  • Félicitez-vous du bon fonctionnement des institutions démocratiques de notre grand pays libre.

Voila comment, alors que les français crèvent de faim (pouvoir d'achat), de froid (crise de l'immobilier) ou de honte (vulgarité présidentielle), alors que la presse US annonce, non sans cynisme, la mort de notre culture, alors que les chiffres du chômage et de l'immigration sont des semi-secrets d'Etat (nos gouvernants les connaissent-ils eux-même ?), alors que la dette publique, alors que les délocalisations de nos secteurs économiques, alors que la vrai-guerre contre le pseudo-terrorisme, alors que nous nous livrons en Afrique aux joies du génocide silencieux, alors que nos enfants sont de plus en plus cons et incultes, alors que nos représentant disent oui alors qu'on avait dit non, alors que nos femmes se loloferrarisent, alors que nos hommes se stiviboulisent, alors que notre armée se prolétarise... voila comment, alors que tout ça et que d'aut'trucs encore plus graves... voila comment on nous sort une loi m'interdisant de m'adonner à mon suicide préféré !

Allez vous faire foutre! (Si tu te sens visé, c'est que t'as raison, sinon c'est que t'as peut-être raison mais que ça m'étonnerait.)

Je suis fumeur passif. Mon kif, c'est de passer mes week-ends à respirer l'air enfumé des bars et boîtes de nuit jusqu'à cracher des biles noires de mes poumons d'asthmatique.

Et bien je l'ai dans le cul. Si je veux ma dose de nicotine, je dois fumer. Et le pire c'est que maintenant, si je veux boire un coup, je dois me taper l'odeur mi-flatulence, mi-sueur, mi-parfum-en-solde, mi-pucelle-en-chaleur de ces cloaques sans âmes, dépeuplés désormais de mes congénères chimiquement assistés.
Qu'ai-je à voir avec ces bobos anti-clope hyper-adaptés à leur monde à la con ? Les fumeurs, eux, au moins, au-delà de leurs précieuses émanations, me gratifiaient à l'occasion de leurs conversations ou au moins de leurs plaintes et quintes de toux... Car tu le sais ami lecteur (ou enculé de lecteur, c'est selon), les non-fumeurs sont chiants avec leurs conseils bienveillants, relous avec leurs sourires béats de gens heureux, ridicules avec leur haleine menthe-miel-myrtille. Les fumeurs eux-aussi sont chiants, tu vas me dire, d'accord... mais au moins ils meurent jeunes !


Bon je me calme et je conclus...


La loi n'est plus l'expression de la volonté populaire.
C'est la somme des trucs qu'on ne comprend pas à Bruxelles et des machins dont on se fout à Paris.

Revolución o Muerte ? On ne nous laisse même plus le choix...

13.2.08

Réveil

Première seconde, premier traumatisme. Le réveil sonne, hurle et me rappelle à mes obligations. Aucun petit corps de femme à mon côté, aucun refuge où me consoler et me plaindre doucement de ma condition d'homme. Un premier retentissement très bref survient, suivi d'un silence éphémère qui joue avec mes nerfs une éternité durant. Ai-je bien entendu? Affirmatif... Les hauts parleurs miniaturisés, merveilles de technologie moderne, battent déja son plein, ne laissant aucune place au doute: La nuit est bel et bien terminée, le rêve interrompu, abolie la liberté suprême de vivre son imaginaire. Le contraste est terrifiant. Mon univers se limite maintenant à l'injuste rapport de force entre la stridente ponctualité de l'appareil et l'envie compulsive de me lover en une rafale de spasmes intenses concentrés de sommeil. L'épouvantable bip... bip bip bip bip... et la douceur moelleuse de la parure du lit s'imposent instantanément comme seuls stimuli sensoriels perceptibles. La guerre est perdue d'avance. L'agression sonore met vite au pas tout le reste, inexorable despote. Le passage en position verticale est condition sine qua non à la cessation de cette torture matinale. La journée commence par une défaite. Je me plie, non sans rechigner, à la volonté de mon vainqueur, regrettant et espérant le répit dérisoire d'un dimanche passé ou futur, illusoire congé logistique qui nous moque en secret.