Tout de mon cru.

12.11.07

Darwin et Jean-Paul II

Le principe de l'évolution biologique d'une espèce est simple: Lorsque la fréquence d'une caractéristique dans la population se modifie, on dit que l'espèce évolue. Ceci correspond à l'affirmation d'une pré-adaptation génétique à un changement de milieu.
A ce mécanisme s'ajoute, chez l'homme, l'évolution culturelle et technique. C'est à dire que les explications sociales de certains aspects du comportement humain prennent l'ascendant sur leurs pendants biologiques.
Il est donc nécessaire de prendre en compte ces deux facteurs si l'on se propose de s'intéresser à ce qui a amené l'humanité primitive au point où elle en est arrivée aujourd'hui.

L'homme, en plus d'être naturellement oisif, est un jouisseur. Nombre de ses déterminismes génétiques le poussent aux plaisirs en général et à ceux de la chair en particulier. C'est une condition peut-être nécessaire, mais loin d'être suffisante à la fondation de la famille, cellule nucléaire des sociétés humaines qui ont abouti jusqu'à ce jour. Pour que famille il y ait, il faut que monsieur et madame s'engagent pour un voyage environ un million de fois plus durable que le coït ( selon mon très savant et très généreux calcul ).

La famille a pourtant su s'imposer. Quelles évolutions biologiques et culturelles y ont contribué ?

Pourquoi n'irai-je pas baiser ailleurs ? Bonne question. Madame à ses raisons. Son besoin d'être occupée l'ayant menée à la grossesse puis à l'accouchement, ses douleurs mammaires la poussent maintenant à l'allaitement de sa progéniture, pilier de la relation symbiotique mère-enfant. Grossesse, accouchement, allaitement... la femme-mère est vulnérable et a besoin qu'un homme auprès d'elle la protège et comble ses nécessités matérielles. Comment retenir le géniteur ? Monsieur n'a pas trop de raison de s'attarder. C'est un conquérant. Il planterait sa bite au sommet de l'Everest si cette allumeuse était à sa portée, mais pas deux fois. Il s'attaquerait ensuite à la surface de la lune ou au fond des océans. Il a tous les vices le salaud.

Imaginons que parmi tout les hommes d'une population primitive... un petit nombre soit pré-adaptés à la famille. Que pour une raison innée ou acquise par hasard quelques uns aient le besoin de s'occuper de leur femmes et de leurs enfants. Une sorte de talent pour l'amour inconditionnel. Imaginons que sur cette population s'abatte un fléau. Pas le fléau lambda. Un fléau sexuellement transmissible. (Appelons le FST, le nom manque probablement de poésie mais l'on m'accordera que chaude-pisse et vérole ne riment que très mal avec délice et farandole.) Il est prévisible, et le lecteur en conviendra, que soient touchés en priorité par le FST les libertins que les romantiques. Et donc que cette population évolue, au sens décrit dans l'introduction, et voit, à travers l'avènement de nos amants fidèles et de nos pères modèles, celui de la famille.

Changeons d'échelle: Une humanité primitive, composée de plusieurs populations primitives dont celle décrite précédemment. Le FST se propageant de proche en proche, de nombreuses populations sont touchées, certaines s'éteignent, d'autres évoluent biologiquement et s'immunisent. Le FST semble alors vaincu. Nos société primitives se développent alors, occupant les niches écologiques laissées vacantes par les victimes de la tragédie. L'histoire ne s'arrête pas là. Le milieu change perpétuellement. Le FST évolue (comme tout le vivant) et les populations immunes rechutent, alors que ne sont pas touchées les familles qui ont su se protéger du vecteur plutôt que du poison. La famille est une arme efficace contre toutes les forment de FST et les affections-ST en général.

Réduire la famille à une capote géante n'explique pas tout son succès. Elle est également diablement efficace dans bien d'autres domaines. Petite unité de production, vie commune, l'homme et la femme se partagent les tâches, l'extérieur pour l'un, l'intérieur pour l'autre. Les enfant naissent et grandissent avec des repères forts : L'image du père et celle de la mère. Frères et soeurs. C'est un mécanisme de reproduction comportemental. Mêmes les individus qui ne sont pas pourvus de la prédisposition génétique que nous évoquions plus haut reproduisent ainsi le comportement de leur parents. La famille s'installe petit à petit, sous forme d'héritage culturel plutôt que génétique. La société des familles, plus forte, s'impose enfin, par la sélection naturelle (résistance aux maladies, impérialisme, génocides...), à la grande majorités des autres variétés d'êtres humains.

De part la force sociale qu'elle engendre, la famille (et donc la société qui est son corollaire) a su s'imposer à l'homme sans que son corps y soit déterminé. Elle est une concession à sa liberté lui offrant la survie de l'espèce, et donc elle est condition sine qua none à sa liberté! Un mal nécessaire non dépourvu d'un traumatisme sous-jacent. Car oui. Malgré tout, l'homme veut toujours tirer son coup à droite à gauche. Pour mater les mutineries libertines, le FST et ses généraux
Chlamydia, Blennorragie, Syphilis, Chancre-mou... (et j'en passe) veillent, au grain. Ils sauront, à leur manière, rappeller à l'ordre les partouzard et les libertins. De plus, la société, à travers le mariage, a sacralisé et institutionnalisé, comme ordre de Dieu et des hommes, la chasteté et la fidélité. Tout comportement déviant sera donc puni par des démangeaisons, des suintements jaunâtres, l'enfer, la prison, la ciguë et autres dégénérescences mortelles... Ou les maladies et le mariage comme ciment autoritaire du couple et de la civilisation. (On est pas si mal que ça avec Simone finalement...)

Que reste-t-il de ces craintes au sein de notre société décadente ? Pas grand chose. La capote anglaise et le gauchisme-libertaire post-soixante-huitard ont tué à eux-deux les maladies d'amour, les lois puritaines et la peur du châtiment divin... Les nouvelles familles recomposées, décomposées ou alter-composées font rendre à Oedipe
son dernier souffle.

A qui profite le crime ? Diviser pour mieux régner... sans doute faut il chercher par là. Dépouiller le travailleur de sa carapace familiale pour l'isoler dans sa lutte contre la violence de l'ultra-libéralisme. La libération sexuelle est un leurre. En flattant l'ego de l'individu à outrance, on a réussi à soumettre encore un peu plus la société au joug du capital. Chacun pour soi et MacDo pour tous.

De plus, l'absence de contre-poids à la libido volage des hommes est la porte ouverte à l'escalade des libertinages et des vices... Il n'y a plus de nous. Toujours je. Et puisque je a tous les droits, au nom de quoi va-t-on l'empêcher de flirter avec l'illégal et l'immoral ? Ne va-t-il pas inéluctablement franchir la ligne rouge le jour où il sera lassé de tant d'expériences stériles ? Lorsqu'il aura le bout insensible, M. Toulemonde ne se fera-t-il pas enculer ? Et Quand il en aura marre... par des petits garçons, pourquoi pas ? le sexe est dorénavant un commerce comme un autre, le marché pousse à la consommation et à l'excès. Il n'y a qu'à observer les statistiques de l'obésité dans les pays occidentaux pour s'en convaincre.

Pour conclure, il est temps : Entre
chasteté et capote, entre famille et partouze... Je pense que le juste milieu n'est pas forcément du côté qu'on pense.
Si Jean-Paul II et l'Eglise incarnent aujourd'hui les valeurs progressistes, j'entends dans le sens du progrès social, c'est que l'on est tombé bien bas.

6.8.07

Amour grave ou inerte ?

En réponse à On sort ensemble ? sur le blog à bozzo.

Quand j'étais gamin, il y avait une espèce d'accord tacite entre les filles et les garçons. Si on s'embrassait "sur la bouche" bah... on était "ensemble". Et si t'embrassais une autre bouche que celle avec qui t'étais "avec", sans avoir "cassé", bah... tu la faisais "cocu". C'était assez clair. Tu "sortais" avec la meuf avec qui tu faisais des bisous et tu faisais des bisous à la meuf avec qui tu "sortais". Le mot "sortir" signifiais à peu près tout ce qui différenciait ta relation d'une relation amicale. Activités et engagements. Droits et devoirs.

En physique le mot "masse" a deux sens.
1. L'effort à produire pour dévier un objet de sa course, ou pour le mouvoir s'il est immobile, est proportionnel à sa masse. sigmaF = mi * a. La masse est un frein à la modification d'un mouvement.
2. L'attraction gravitationnelle entre deux corps est proportionnelle au produit de leurs masses. F = G * mg1 * mg2 / R^2. La masse est un facteur d'attraction.


Un hasard de la nature fait que la masse inerte (mi celle du premier phénomène) et la masse grave (mg, second phénomène) sont proportionnelles entre elles et donc identifiables l'une à l'autre. D'où la polysémie du vocable. Pourtant, certaines théories scientifiques comme la théorie des cordes prédisent que cette relation pourrait cesser d'être vérifiée à des échelles beaucoup plus fines que celles observables.
Au final, les i et les g à coté des m, on les met que si on en a besoin, c'est à dire pas souvent.

La question, à mon avis, c'est de savoir pourquoi on a tendance à mettre de plus en plus de i et de g quand il s'agit d'amour.

  • L'amour grave (Ag)

L'attraction entre deux corps, qu'elle soit physique, chimique, biologique ou de tout ordre, est une pulsion déterministe de l'espèce humaine qui tend à faire en sorte que monsieur pénètre mademoiselle et y déverse son trop plein d'affection. Cette pénétration a été jusqu'à un passé récent, condition sine qua none à la reproduction des humains. L'amour grave, c'est le moteur de la reproduction sexuée.

  • L'amour inerte (Ai)

La stabilité du couple est la base de la famille en tant que cellule nucléaire de notre civilisation. C'est la rampe de lancement oedipienne de l'enfant-individu-social. C'est un ensemble de modèles de références déterminant l'humain. Ce besoin d'inertie est donc un point d'ancrage de la civilisation.

On aurait pu dire il y a peu et sans équivoque, qu'un des piliers de notre société était l'amour (noté A tout simplement), car Ag et Ai était nécessaires l'un et l'autre et que ces notions étaient indissociables (au sein d'une institution telle que le mariage par exemple).

Les temps ont changé.

Ai est démodé. Il n'est plus nécessaire à l'éducation des gamins, la télé et l'école s'en charge. De plus, il est un frein à la consommation et au travail. Un couple divorcé avec un enfant, ce sont deux travailleurs, deux appartements, deux voitures, deux cadeaux de Noël (ce qui implique une compétition et donc plus d'argent dépensé.). Bref, une aubaine pour le marché.

Ag, lui, est en meilleure forme. Pour être "cool", il faut pécho, voire partouzer. C'est tendance. Et puis, pour y arriver, il est de bon aloi d'avoir de beaux vêtements, des lunettes Gucci, une Mini Cooper, une crême de soin au bêta-hydroxyde de propyl-carotène des laboratoires Machin et de bosser dans la com'...

En gros la civilisation à changé, les lois du marché prennent le pas sur celle de la nature. Pour l'instant Ag est toléré car il est compatible avec la pulsion consommatrice (qu'on pourrait noter A$). De plus il est encore nécessaire à la procréation. Mais ne nous y trompons pas, l'objectif de nos bergers est de faire de nous des animaux déterminés uniquement par le besoins de consommer. S'il faut abandonner l'amour en chemin, leur main ne tremblera pas.

La consommation n'est pas la liberté. La mercantilisation de l'amour n'est pas une "libération sexuelle" mais une concession, un voeu d'allégeance fait au capital. Humain ou mouton. Prison d'amour ou prison dorée. Tisser nos propres liens sociaux nous rend plus forts et plus libres face à la vrai oppression qu'est celle du marché. Une société sans amour, c'est un contre tous et tous contre un. (Contexte peu propice à une révolution soit dit en passant.)

Désintégrer la notion d'amour, c'est condamner à mort l'humanité telle qu'on la connait.

L'analogie entre théorie des cordes et théorie du gibet est une autre histoire. Elle restera pendante.

5.8.07

Re

Ami lecteur, je suis de retour. Même Zalbal s'y met alors je me sens obligé.

J'ai été absent durant un bon moment. Je me suis, on peut dire, octroyé une trêve électorale.

Bon, le gnome institué, il serait logique que je te gratifie d'un post à son sujet. Je pourrais aussi t'expliquer pourquoi j'ai voté pour l'anté-antéchrist et tâcher de louer les traits disgracieux qui ont fait sa réputation. Je pourrais encore exprimer la colère que je ressens quand je vois mes cons-citoyens offrir l'arme atomique à un gars comme on enverrait un sms pour engraisser Endémol.

Bah non. Pas aujourd'hui. J'annonce juste mon retour. C'est un engagement.

7.2.07

Lettre ouverte au directeur de la banque Santander.

M. le Directeur Général,



Je viens de recevoir et de parcourir l'enthousiaste missive que vous m'avez faite parvenir. Celle-ci, dactylographiée et imprimée sur un papier d'une qualité rare, honorée en son pied de la présence de votre signature simili-manuscrite, m'a empli d'une saveur aigre-douce, pour ne pas dire, en paraphrasant un grand artiste belge, d'un arrière-goût salement dégueulasse.

L'objet de cette lettre a les allures d'une bonne nouvelle. J'aurai désormais le privilège d'être exonéré de toutes les commissions de service que je vous payais autrefois. Et ce n'est pas tout ! J'ai même plein droit au réductions tarifaires et autres avantages que vous avez négociés pour moi avec nombre de vos partenaires. Loisirs, intérieur, santé, communication... une merveille.

Évidemment, vous ne manquez pas de me faire remarquer que je suis un client privilégié. A grand renfort de flatterie, vous m'expliquez les raisons qui vous ont incités à m'octroyer ces avantages. Je suis un bon client, mon salaire tombe tous les mois, mon argent vous permet de gagner le votre... il semble s'agir d'un juste retour des choses. Vous me faites même parvenir une jolie carte plastifiée "queremos ser tu banco" qui confirmera à qui veut l'entendre la stabilité de ma situation économique. Oui mais voilà, vous n'oubliez pas non plus de me faire remarquer, M. le directeur général, que ces avantages me seraient supprimés, si mes revenus annuels devenaient inférieurs au seuil annuel fatidique de la douzaine de milliers d'unités de nos devises.

Pour parler crument. Les riches et les pauvres seront traités de manières différentes. Les premiers seront choyés, les seconds saignés au quatre veines. Une sorte de discrimination positive à l'envers... (Tiens ! L'apocope de cette formule m'est familière. 180+180=360...)

Vous vous revendiquez, par le biais de votre site internet, de valeurs humanistes de responsabilité sociale, grandes et belles idées. Cela constitue un bel exemple, s'il en est, de double discours.

Le marketing est ce qu'il est. Eludons ces déclarations. Soyons pragmatique. La vrai question est: "Peut on demander aux banques qu'elles soient solidaires ? S'agit-il de leur responsabilité ?"

Le monde moderne est ainsi fait que votre banque, ou tout autre organisme capable d'effectuer de massives opérations boursières, à le pouvoir de réduire en charpie sur une simple décision financière tout un secteur de notre économie. Il vous suffit d'en retirer vos billes, vous ne payeriez même pas de taxe. Vous pouvez, M. le directeur général, envoyer un millier de mes semblables faire la queue devant les bureaux déjà surpeuplés de nos services sociaux. La loi vous le permet, elle ne sert plus l'intérêt collectif.

Vous avez ce pouvoir. Vous avez le pouvoir de pression auprès de nos états, de nos gouvernements. Vous pouvez leur exiger ce que bon vous semblera. Nos institutions sont vos otages. La main qui donne est au dessus de celle qui reçoit, vous l'avez bien compris. Sachez que tout pouvoir sur autrui implique une responsabilité. Si la loi ne sert plus l'intérêt du peuple, alors la loi est illégale.

M. le directeur, permettez-moi de vous faire humblement part d'un conseil. Si vous ne voulez pas que le peuple, le jour où les marchés financiers lui seront plus familiers, vienne jusque dans vos bras, vous rendre la monnaie de vos commissions. Rendez les armes. Rendez le pouvoir au peuple. Cessez vos pressions impies sur nos législateurs.

Vos corporations seront les premières visées.

Cordialement,



Un client amer. Un citoyen souverain.

8.1.07

Le chant des sirènes

Il n'est plus douce mélodie
Que de la féminine engeance
Malgré tout, femme, je vous maudis
N'abusez pas de cette danse

Je ne suis rien qu'un être faible
Que votre volonté résigne
Aventurier, amant, éphèbe
Je me transforme au moindre signe

Il me faut fuir de cette emprise
Et révéler Marcel au monde
Ni blanche ni noire mon âme est grise
De haine et d'amour elle abonde

Je ne sais être à vos côtés
Le digne objet de votre amour
Seul en quête de liberté
Mon vrai regard s'offre au grand jour

Je ne suis qui vous abandonne
Seul un reflet du serviteur
Qui a vos charmes encore s'adonne
Et ne vous confisque qu'un leurre