Le blog à Pierrot

Tout de mon cru.

18.10.12

Préservatif

Association ritualisée de l'ouverture d'un emballage individuel à l'acte d'amour.

20.9.08

La femme-Rolex

J'ai rencontré mon Italienne dans un dîner entre amis
Je me suis dis: "Ce s'ra la mienne!" dans à peine une heure et d'mi
Mais elle était dure en affaire, pas facile de la niquer
Millions, maisons, vue sur la mer, "demain je t'emmène chez Mickey!"

Une fois posés sur papier le terme des négociations
Elle s'acquitte devant huissier, pour éviter réclamation,
De l'acompte sus-mentionné, il faut dire que c'est allé vite
Pour elle, simple formalité, car elle en a sucé des bites !

Tu es une femme-Rolex, je fais bling-bling avec toi
Mon argent contre ton sexe, et je t'accroche à mon bras

Nous vivons l'amour véritable, c'est écrit dans les journaux
Vous en discutez tous à table, du fourrage pour les prolos
Chaque semaine en voyage, dans des pays merveilleux
Oh c'est le grand déballage, nous vous en mettons plein les yeux

Nous visitons la voisine, une reine très haut-placée
Et régalons les convives d'un strip-tease organisé
Il faut les voir les rosbifs, quand elle recharge leurs accus
Quand leur libido se rebiffe, quand ils n'ont d'yeux que pour son cul

Tu es une femme-Rolex, je fais bling-bling avec toi
Mon argent contre ton sexe, et je t'accroche à mon bras

Au travail, une de mes collègues spécialisée dans la justice
Me dit "Tu ne parles que d'elle, jusqu'à nous conseiller son disque !"
Je réponds donc à la jalouse "Va plutôt me faire un café
Et laisse donc tomber les partouzes, car tu vas t'y faire engrosser"

Seul susciter l'envie de l'autre me procure des érections
Ce qu'en disent les bons apôtres, que c'est une perversion
A dire vrai, et bien, je m'en moque parce que c'est moi qui fait la loi 
Je veux du luxe, non pas du toc, que ça brille, avoir l'air d'un roi

Tu es une femme-Rolex, je fais bling-bling avec toi
Mon argent contre ton sexe, et je t'accroche à mon bras

Hélas, de ma femme modèle, les charmes se tariront
Une rustine, un bridge, une atèle, payer toutes les réparations
Mieux vaut l'envoyer à la casse, elle passe plus le contrôle technique
Ils lui ont refait toute la face, on dirait l'inspecteur Derrick

Un concours télévisé, pour dénicher la remplaçante
SMS vous allez payer, pour choisir la belle ignorante
Première-dame-academy, c'est le nouveau divertissement
Un' pouffiasse de plus dans mon lit, et retour sur investissement

Tu es une femme-Rolex, je fais bling-bling avec toi
Mon argent contre ton sexe, et je t'accroche à mon bras

1.4.08

Bienvenu chez les Ch'tis II

Finale de la coupe de la ligue de football, on voit dans le virage une imposante banderole insultant les nordistes au nom du public parisien:

«Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis»

[ http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080331_080206Dev.html ]

Aux vues de l'invective, tout le monde prend la défence des Ch'ti-mis dont une image sympathique a été implantée aucours des mois précédents dans notre imaginaire collectif.

Le match étant une finale (perdue injustement par les Lensois...), les sanctions sportives infligées au PSG

[ http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080331_173408Dev.html ]
[ http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080331_131146Dev.html ]

ne constitueront pas une compensation suffisante pour les personnes insultées. Ça ne leur rendra pas leur coupe aux Sang & Or ! Le RCL déscendra probablement en Ligue 2 pour enfoncer encore un peu le clou de la victimisation.

Nous entendront alors une ribambelle de personalités (Papin, Aubry, Martel, Boon, Line Renaud, Ribery...) représentants (auto-proclamés ou proclamés par le système) des gens du nord, paraphrasant Zola et réclamant justice pour leur plat pays bien aimé.

L'affaire sera alors naturellement portée devant les tribunaux. C'est aujourd'hui l'usage.

[ http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080331_111737Dev.html ]

Qui représentera devant la cour l'intéret des Ch'tis insultés ? Dans une République qui ne reconnait que l'individu et l'intérêt général, le problème se posera.

Cette interrogation pourra inciter le peuple de France à entrevoir dans les réformes constitutionnelles à venir (traitant d'une communautarisation du débat politique) une solution, voire même un progrès.

La recette (analogue à celle du post précédent) pour manipuler l'opinion et pour lui imposer une loi est simple:
-créer un terrain (Film),
-créer le problème (Choc émotionnel, insulte...),
-manipuler les réactions pour dégager une problématique (Stars du petit écran et autres petit-chefs de meutes),
-proposer sa solution (qui aura alors l'allure de l'ad hoc et de l'expression de la volonté populaire),
-et se féliciter (encore une fois) du bon fonctionnement de notre démocratie.


Il s'agit d'un cas d'école, l'esprit averti ne sera pas dupe de la manipulation. Comment le faire taire ?


On remarquera que les acteurs principaux du film sont un 'juif' et un 'arabe'. En soi, rien de problématique. Les gars sont attachants et transpirent la sincérité. (C'est ce qu'on m'a dit. Je n'ai pas vu cette production et ne la verrai pas. Je ne souhaite pas déformer l'image que j'ai de ma terre natale et de ses habitants.)
N'empêche qu'il sera facile d'extrapoler des propos dénonciateurs pour les qualifier d'antisémites, d'anti-arabes, de racistes, de théories du complot, de délires paranoïaques anti-'sages de Sion' ou tout autre reductions ad hitlerum.


Personne d'autre qu'un suicidé médiatique, averé ou en devenir, ne s'aventurera sur ce terrain glissant dans les media de masse... donc ça passera.


Parallèlement, il est possible que l'épisode soit récupéré à d'autres fins. On peut penser à une promotion des euro-régions ou à une augmentation des contrôles visant à la réduction de la liberté d'expression au nom de l'anti-racisme. Et au passage, on alimentera, à l'aide du deux poids deux mesures, (cf. caricatures de Mahomet) la théorie du 'choc des civilisations' et ses corollaires, à savoir la guerre et la montée des fondamentalismes réactionnaires et du terrorisme.

Pour conclure, une citation attribuée à Franklin D. Roosevelt: "En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi."



24.3.08

Fumeur passif

Nous sommes en train de prendre en pleine gueule la "nouvelle manière de faire de la politique" que l'on nous a vendue comme un progrès lors de la dernière campagne présidentielle.
En quoi consiste-t-elle ?

Recette:

  • Prenez un thème de société d'importance secondaire.
  • Dégagez une problématique instituant deux positions contradictoires et moralement acceptables.
  • Faites passer le tout à la machine à parler pendant deux voire trois bons mois. (monopolisez l'antenne de toutes les émissions de société et de débats. Delarue, Ruquier, Fogiel, FOG, etc.)
  • Publiez les résultats des enquêtes qui vous arrangent. (i.e. qui dégage une faible majorité pour votre camp favori.)
  • Servez au peuple une loi sur mesure en lui affirmant qu'il l'a désirée. (De préférence, copiée d'un pays anglo-saxon...)
  • Félicitez-vous du bon fonctionnement des institutions démocratiques de notre grand pays libre.

Voila comment, alors que les français crèvent de faim (pouvoir d'achat), de froid (crise de l'immobilier) ou de honte (vulgarité présidentielle), alors que la presse US annonce, non sans cynisme, la mort de notre culture, alors que les chiffres du chômage et de l'immigration sont des semi-secrets d'Etat (nos gouvernants les connaissent-ils eux-même ?), alors que la dette publique, alors que les délocalisations de nos secteurs économiques, alors que la vrai-guerre contre le pseudo-terrorisme, alors que nous nous livrons en Afrique aux joies du génocide silencieux, alors que nos enfants sont de plus en plus cons et incultes, alors que nos représentant disent oui alors qu'on avait dit non, alors que nos femmes se loloferrarisent, alors que nos hommes se stiviboulisent, alors que notre armée se prolétarise... voila comment, alors que tout ça et que d'aut'trucs encore plus graves... voila comment on nous sort une loi m'interdisant de m'adonner à mon suicide préféré !

Allez vous faire foutre! (Si tu te sens visé, c'est que t'as raison, sinon c'est que t'as peut-être raison mais que ça m'étonnerait.)

Je suis fumeur passif. Mon kif, c'est de passer mes week-ends à respirer l'air enfumé des bars et boîtes de nuit jusqu'à cracher des biles noires de mes poumons d'asthmatique.

Et bien je l'ai dans le cul. Si je veux ma dose de nicotine, je dois fumer. Et le pire c'est que maintenant, si je veux boire un coup, je dois me taper l'odeur mi-flatulence, mi-sueur, mi-parfum-en-solde, mi-pucelle-en-chaleur de ces cloaques sans âmes, dépeuplés désormais de mes congénères chimiquement assistés.
Qu'ai-je à voir avec ces bobos anti-clope hyper-adaptés à leur monde à la con ? Les fumeurs, eux, au moins, au-delà de leurs précieuses émanations, me gratifiaient à l'occasion de leurs conversations ou au moins de leurs plaintes et quintes de toux... Car tu le sais ami lecteur (ou enculé de lecteur, c'est selon), les non-fumeurs sont chiants avec leurs conseils bienveillants, relous avec leurs sourires béats de gens heureux, ridicules avec leur haleine menthe-miel-myrtille. Les fumeurs eux-aussi sont chiants, tu vas me dire, d'accord... mais au moins ils meurent jeunes !


Bon je me calme et je conclus...


La loi n'est plus l'expression de la volonté populaire.
C'est la somme des trucs qu'on ne comprend pas à Bruxelles et des machins dont on se fout à Paris.

Revolución o Muerte ? On ne nous laisse même plus le choix...

13.2.08

Réveil

Première seconde, premier traumatisme. Le réveil sonne, hurle et me rappelle à mes obligations. Aucun petit corps de femme à mon côté, aucun refuge où me consoler et me plaindre doucement de ma condition d'homme. Un premier retentissement très bref survient, suivi d'un silence éphémère qui joue avec mes nerfs une éternité durant. Ai-je bien entendu? Affirmatif... Les hauts parleurs miniaturisés, merveilles de technologie moderne, battent déja son plein, ne laissant aucune place au doute: La nuit est bel et bien terminée, le rêve interrompu, abolie la liberté suprême de vivre son imaginaire. Le contraste est terrifiant. Mon univers se limite maintenant à l'injuste rapport de force entre la stridente ponctualité de l'appareil et l'envie compulsive de me lover en une rafale de spasmes intenses concentrés de sommeil. L'épouvantable bip... bip bip bip bip... et la douceur moelleuse de la parure du lit s'imposent instantanément comme seuls stimuli sensoriels perceptibles. La guerre est perdue d'avance. L'agression sonore met vite au pas tout le reste, inexorable despote. Le passage en position verticale est condition sine qua non à la cessation de cette torture matinale. La journée commence par une défaite. Je me plie, non sans rechigner, à la volonté de mon vainqueur, regrettant et espérant le répit dérisoire d'un dimanche passé ou futur, illusoire congé logistique qui nous moque en secret.

12.11.07

Darwin et Jean-Paul II

Le principe de l'évolution biologique d'une espèce est simple: Lorsque la fréquence d'une caractéristique dans la population se modifie, on dit que l'espèce évolue. Ceci correspond à l'affirmation d'une pré-adaptation génétique à un changement de milieu.
A ce mécanisme s'ajoute, chez l'homme, l'évolution culturelle et technique. C'est à dire que les explications sociales de certains aspects du comportement humain prennent l'ascendant sur leurs pendants biologiques.
Il est donc nécessaire de prendre en compte ces deux facteurs si l'on se propose de s'intéresser à ce qui a amené l'humanité primitive au point où elle en est arrivée aujourd'hui.

L'homme, en plus d'être naturellement oisif, est un jouisseur. Nombre de ses déterminismes génétiques le poussent aux plaisirs en général et à ceux de la chair en particulier. C'est une condition peut-être nécessaire, mais loin d'être suffisante à la fondation de la famille, cellule nucléaire des sociétés humaines qui ont abouti jusqu'à ce jour. Pour que famille il y ait, il faut que monsieur et madame s'engagent pour un voyage environ un million de fois plus durable que le coït ( selon mon très savant et très généreux calcul ).

La famille a pourtant su s'imposer. Quelles évolutions biologiques et culturelles y ont contribué ?

Pourquoi n'irai-je pas baiser ailleurs ? Bonne question. Madame à ses raisons. Son besoin d'être occupée l'ayant menée à la grossesse puis à l'accouchement, ses douleurs mammaires la poussent maintenant à l'allaitement de sa progéniture, pilier de la relation symbiotique mère-enfant. Grossesse, accouchement, allaitement... la femme-mère est vulnérable et a besoin qu'un homme auprès d'elle la protège et comble ses nécessités matérielles. Comment retenir le géniteur ? Monsieur n'a pas trop de raison de s'attarder. C'est un conquérant. Il planterait sa bite au sommet de l'Everest si cette allumeuse était à sa portée, mais pas deux fois. Il s'attaquerait ensuite à la surface de la lune ou au fond des océans. Il a tous les vices le salaud.

Imaginons que parmi tout les hommes d'une population primitive... un petit nombre soit pré-adaptés à la famille. Que pour une raison innée ou acquise par hasard quelques uns aient le besoin de s'occuper de leur femmes et de leurs enfants. Une sorte de talent pour l'amour inconditionnel. Imaginons que sur cette population s'abatte un fléau. Pas le fléau lambda. Un fléau sexuellement transmissible. (Appelons le FST, le nom manque probablement de poésie mais l'on m'accordera que chaude-pisse et vérole ne riment que très mal avec délice et farandole.) Il est prévisible, et le lecteur en conviendra, que soient touchés en priorité par le FST les libertins que les romantiques. Et donc que cette population évolue, au sens décrit dans l'introduction, et voit, à travers l'avènement de nos amants fidèles et de nos pères modèles, celui de la famille.

Changeons d'échelle: Une humanité primitive, composée de plusieurs populations primitives dont celle décrite précédemment. Le FST se propageant de proche en proche, de nombreuses populations sont touchées, certaines s'éteignent, d'autres évoluent biologiquement et s'immunisent. Le FST semble alors vaincu. Nos société primitives se développent alors, occupant les niches écologiques laissées vacantes par les victimes de la tragédie. L'histoire ne s'arrête pas là. Le milieu change perpétuellement. Le FST évolue (comme tout le vivant) et les populations immunes rechutent, alors que ne sont pas touchées les familles qui ont su se protéger du vecteur plutôt que du poison. La famille est une arme efficace contre toutes les forment de FST et les affections-ST en général.

Réduire la famille à une capote géante n'explique pas tout son succès. Elle est également diablement efficace dans bien d'autres domaines. Petite unité de production, vie commune, l'homme et la femme se partagent les tâches, l'extérieur pour l'un, l'intérieur pour l'autre. Les enfant naissent et grandissent avec des repères forts : L'image du père et celle de la mère. Frères et soeurs. C'est un mécanisme de reproduction comportemental. Mêmes les individus qui ne sont pas pourvus de la prédisposition génétique que nous évoquions plus haut reproduisent ainsi le comportement de leur parents. La famille s'installe petit à petit, sous forme d'héritage culturel plutôt que génétique. La société des familles, plus forte, s'impose enfin, par la sélection naturelle (résistance aux maladies, impérialisme, génocides...), à la grande majorités des autres variétés d'êtres humains.

De part la force sociale qu'elle engendre, la famille (et donc la société qui est son corollaire) a su s'imposer à l'homme sans que son corps y soit déterminé. Elle est une concession à sa liberté lui offrant la survie de l'espèce, et donc elle est condition sine qua none à sa liberté! Un mal nécessaire non dépourvu d'un traumatisme sous-jacent. Car oui. Malgré tout, l'homme veut toujours tirer son coup à droite à gauche. Pour mater les mutineries libertines, le FST et ses généraux
Chlamydia, Blennorragie, Syphilis, Chancre-mou... (et j'en passe) veillent, au grain. Ils sauront, à leur manière, rappeller à l'ordre les partouzard et les libertins. De plus, la société, à travers le mariage, a sacralisé et institutionnalisé, comme ordre de Dieu et des hommes, la chasteté et la fidélité. Tout comportement déviant sera donc puni par des démangeaisons, des suintements jaunâtres, l'enfer, la prison, la ciguë et autres dégénérescences mortelles... Ou les maladies et le mariage comme ciment autoritaire du couple et de la civilisation. (On est pas si mal que ça avec Simone finalement...)

Que reste-t-il de ces craintes au sein de notre société décadente ? Pas grand chose. La capote anglaise et le gauchisme-libertaire post-soixante-huitard ont tué à eux-deux les maladies d'amour, les lois puritaines et la peur du châtiment divin... Les nouvelles familles recomposées, décomposées ou alter-composées font rendre à Oedipe
son dernier souffle.

A qui profite le crime ? Diviser pour mieux régner... sans doute faut il chercher par là. Dépouiller le travailleur de sa carapace familiale pour l'isoler dans sa lutte contre la violence de l'ultra-libéralisme. La libération sexuelle est un leurre. En flattant l'ego de l'individu à outrance, on a réussi à soumettre encore un peu plus la société au joug du capital. Chacun pour soi et MacDo pour tous.

De plus, l'absence de contre-poids à la libido volage des hommes est la porte ouverte à l'escalade des libertinages et des vices... Il n'y a plus de nous. Toujours je. Et puisque je a tous les droits, au nom de quoi va-t-on l'empêcher de flirter avec l'illégal et l'immoral ? Ne va-t-il pas inéluctablement franchir la ligne rouge le jour où il sera lassé de tant d'expériences stériles ? Lorsqu'il aura le bout insensible, M. Toulemonde ne se fera-t-il pas enculer ? Et Quand il en aura marre... par des petits garçons, pourquoi pas ? le sexe est dorénavant un commerce comme un autre, le marché pousse à la consommation et à l'excès. Il n'y a qu'à observer les statistiques de l'obésité dans les pays occidentaux pour s'en convaincre.

Pour conclure, il est temps : Entre
chasteté et capote, entre famille et partouze... Je pense que le juste milieu n'est pas forcément du côté qu'on pense.
Si Jean-Paul II et l'Eglise incarnent aujourd'hui les valeurs progressistes, j'entends dans le sens du progrès social, c'est que l'on est tombé bien bas.

6.8.07

Amour grave ou inerte ?

En réponse à On sort ensemble ? sur le blog à bozzo.

Quand j'étais gamin, il y avait une espèce d'accord tacite entre les filles et les garçons. Si on s'embrassait "sur la bouche" bah... on était "ensemble". Et si t'embrassais une autre bouche que celle avec qui t'étais "avec", sans avoir "cassé", bah... tu la faisais "cocu". C'était assez clair. Tu "sortais" avec la meuf avec qui tu faisais des bisous et tu faisais des bisous à la meuf avec qui tu "sortais". Le mot "sortir" signifiais à peu près tout ce qui différenciait ta relation d'une relation amicale. Activités et engagements. Droits et devoirs.

En physique le mot "masse" a deux sens.
1. L'effort à produire pour dévier un objet de sa course, ou pour le mouvoir s'il est immobile, est proportionnel à sa masse. sigmaF = mi * a. La masse est un frein à la modification d'un mouvement.
2. L'attraction gravitationnelle entre deux corps est proportionnelle au produit de leurs masses. F = G * mg1 * mg2 / R^2. La masse est un facteur d'attraction.


Un hasard de la nature fait que la masse inerte (mi celle du premier phénomène) et la masse grave (mg, second phénomène) sont proportionnelles entre elles et donc identifiables l'une à l'autre. D'où la polysémie du vocable. Pourtant, certaines théories scientifiques comme la théorie des cordes prédisent que cette relation pourrait cesser d'être vérifiée à des échelles beaucoup plus fines que celles observables.
Au final, les i et les g à coté des m, on les met que si on en a besoin, c'est à dire pas souvent.

La question, à mon avis, c'est de savoir pourquoi on a tendance à mettre de plus en plus de i et de g quand il s'agit d'amour.

  • L'amour grave (Ag)

L'attraction entre deux corps, qu'elle soit physique, chimique, biologique ou de tout ordre, est une pulsion déterministe de l'espèce humaine qui tend à faire en sorte que monsieur pénètre mademoiselle et y déverse son trop plein d'affection. Cette pénétration a été jusqu'à un passé récent, condition sine qua none à la reproduction des humains. L'amour grave, c'est le moteur de la reproduction sexuée.

  • L'amour inerte (Ai)

La stabilité du couple est la base de la famille en tant que cellule nucléaire de notre civilisation. C'est la rampe de lancement oedipienne de l'enfant-individu-social. C'est un ensemble de modèles de références déterminant l'humain. Ce besoin d'inertie est donc un point d'ancrage de la civilisation.

On aurait pu dire il y a peu et sans équivoque, qu'un des piliers de notre société était l'amour (noté A tout simplement), car Ag et Ai était nécessaires l'un et l'autre et que ces notions étaient indissociables (au sein d'une institution telle que le mariage par exemple).

Les temps ont changé.

Ai est démodé. Il n'est plus nécessaire à l'éducation des gamins, la télé et l'école s'en charge. De plus, il est un frein à la consommation et au travail. Un couple divorcé avec un enfant, ce sont deux travailleurs, deux appartements, deux voitures, deux cadeaux de Noël (ce qui implique une compétition et donc plus d'argent dépensé.). Bref, une aubaine pour le marché.

Ag, lui, est en meilleure forme. Pour être "cool", il faut pécho, voire partouzer. C'est tendance. Et puis, pour y arriver, il est de bon aloi d'avoir de beaux vêtements, des lunettes Gucci, une Mini Cooper, une crême de soin au bêta-hydroxyde de propyl-carotène des laboratoires Machin et de bosser dans la com'...

En gros la civilisation à changé, les lois du marché prennent le pas sur celle de la nature. Pour l'instant Ag est toléré car il est compatible avec la pulsion consommatrice (qu'on pourrait noter A$). De plus il est encore nécessaire à la procréation. Mais ne nous y trompons pas, l'objectif de nos bergers est de faire de nous des animaux déterminés uniquement par le besoins de consommer. S'il faut abandonner l'amour en chemin, leur main ne tremblera pas.

La consommation n'est pas la liberté. La mercantilisation de l'amour n'est pas une "libération sexuelle" mais une concession, un voeu d'allégeance fait au capital. Humain ou mouton. Prison d'amour ou prison dorée. Tisser nos propres liens sociaux nous rend plus forts et plus libres face à la vrai oppression qu'est celle du marché. Une société sans amour, c'est un contre tous et tous contre un. (Contexte peu propice à une révolution soit dit en passant.)

Désintégrer la notion d'amour, c'est condamner à mort l'humanité telle qu'on la connait.

L'analogie entre théorie des cordes et théorie du gibet est une autre histoire. Elle restera pendante.